Souvenirs, souvenirs, c'était le dernier chantier de la société Raymond Flouzier...

Fin juin 2009

 

Après quelques jours de cancevas bin méritayes à méditer du Puy en Velay à Aumont Aubrac, c’est le retour au boullllot.

Et quel retour ! nous vla partis à Argenton sur Creuse, dans l’Indre, dans les champs au miyeu de not’ bo pays.

 

Une benepe nous attend. La route étant plus courte depuis Chaint Etienne, mon collègue lyonnois vient me chercher gromanche dernier vers 18h30. Flûte, le diner tombe à l’eau, adieu traditionnel poulète et son cortège de gratin dauphinois, tsalad et bon dessert maison.

 

Je retrouve Groger sur la place Gailleton en train d’écouter les prémices de la fête de la zikmu, qui tombe toujours un dimanche soir, c’est bin mieux pour aller au boulot le lendemain.

 

On part chez lui dans les monts du lyonnois à 40 bornes près de Chaint Chainphorien sur Coise.

Nous dinons avec ses deux grands n’enfants, sa dame chantant pour Djack. Ce que nous allons écouter après le repas. L’aîné Julien a terminé son année de grande école de commerce toulousine. Il ne prétend pas prendre un job d’été – a pas fait des grandes zétudes pour en arriver là ! Et va rester dans sa chambre pendant deux mois au grand dam de son père, mais comme les résultats sont là… Le mouton cadet est boulanger-culturiste !

Dire que je les ai connus petits comme ça, c’est là qu’on prend des coups de vieux !

 

Peu de monde sur la place du village et tous près de la buvette. Un vin chaud s’impose car avec le vent et le soleil qui est parti se coucher, on caille.

Le groupe des joyeux troubadours chante des reprises de champs bretons mais aussi des compositions pas mal. Bon, y sont pas aidés par la sono et cette bande de chenapans qui ne viennent pas s’asseoir, il y a quand même un peu de public sous le chapiteau à droite.

Une tisane et au lit après avoir visité l’abri de jardin, une réalisation exclusive des établissements Groger, avec les poules et les canards.

 

Lendi

Après une route sans histoire souvent derrière les camions, nous sommes arrivés sur place où nous attendait Billy the kid et son nouveau camion (la livraison du matos). Surprise, le conducteur de travlos est venu lui aussi, naturellement chacun de leur côté.

 

Une bien belle agence, pas trop de monde, moquette finie et doublement protégée par des cartons qui vont nous faire chier. Les serruriers ont commencé la pose de l’escalier ce matin… Il faut donc faire le tour dans la rue et emprunter l’escalier de service pour aller à l’étage. Un échafaudage borde la façade, pas de fenêtres au rdc…

 

Le déchargement du camion fut épique car Billy ne sait pas manœuvrer en marche arrière. Il a peur d’abimer ce nouveau destrier, qu’il réparera à ses frais si problème. Il finit par légèrement bignier le pare choc avant. Ensuite, il est incapable de se servir de son hayon. Bref cool zen.

 

Après la manutention, nous attaquons au 1er. Devant la déferlante, les peintres se cassent au rdc. Le hic, le faux plafond n’est pas du tout blanchi ni bridé car les cloisons sont implantés à côté. Elles ne seront donc pratiquement pas fixées. Cette beyle bâtisse anchienne est toute tordue et parsemée de poutres verticales par ci par là, que les cloisons doivent frôler. Plusieurs problèmes d’implantation seront à évoquer avec Numérobis qui vient demain.

C’est un archi de la sté Momo & co, ce dernier s’est illustré avec le brio que l’on sait à Lyon, en faisant notamment livrer les meubles au début du chantier, ce fût ginial... 

 

Nous prenons quand même quelques initiatives sinon on ne ferait rien…Les faignasses, je l’entends d’ici !

 

Groger nous trouve une demi penchion à pas cher et pas loin. A l’hôtel du champ de foire. C’est prémonitoire, car mercredi, se sera la foire sur le chantier. La chambre est à l’annexe, à l’hôtel aquarius. Tristounet premier aurait adoré. Pas un cadre, la telay sur le côté des lits à matelas mouds et des serviettes rêches. M’enfin un balcon mitoyen. Le tout avec près de la ligne de chemin de fer. C’est là qu’on voit l’efficacité du double vitrage.

 

Mardiche

 

Après une bonne nuit là dessus, Rodger guette l’archi. Il va accoster un gars qui se révèle être un commis de chantier.

Finalement, notre homme arrive et fait ses choix. Ouf, ce que l’on a décidé lui convient. Nous continuons les agapes…Il finit par nous donner les dernières indications en milieu d’après midi, après la réunion de chantier; il fallait voir avec le maitre d’œuvre… Y me gonflent tous.

 

La journée de trafail se passe, Rodger est à fond’dans et speed. Lorsqu’il descend au rdc, il se prend une poussièrche dans l’œil. En effet, le maçon bricole je ne sais quoi sur la façade et ça tombe. Notre blessé, à deux doigts de l’arrêt de trafail n’en peut plus et finit par partir à l’hôtel se faire un bain d’œil dans le lavabo; qu’il n’est pas bo le lavabo, mais qu’il est laid le bidet.

 

De retour sans résultat et après deuxième avis des peintres cette fois ci, il convient d’aller chez l’opticien - Il faut aller à Châteauroux pour consulter un ophtalmo - ci tôt dit, ci tôt fait.

Mais l’opticienne est en trafaux elle aussi. Après changement de local, rebranchement de la machine qui ne fonctionne pas puis oui, elle ne voit rien. Groger revient trafailler et on repart vite car il a beau être matinal, il a mal. Il conduit son camion plus brusquement que d’habitude, à tel point que je le recale à son permis.

J’essaye ensuite de lui choper la poussièrche, sans succès, après plusieurs essais.

Il accepte finalement que j’aille chez l’apothicaire pour tachetaye du collyre. Je reparts, je reviens. Heureusement que c’est pas loin !

Bref, après administration de la potion magique, ça a l’air d’aller mieux. Bin faut pas cligner des paupières, bon dieu !

 

Mercrdiche

 

Inoubliable journée.

Nous finissons nos bricolins à l’étage et descendons en milieu de matinée les glingues et le reste du matos. Ce matin un maçon est venu découper les tablettes extérieures des fenêtres car il y manquait la pente nécessaire quand il pleut. C’est vrai que le temps est au beau fixe depuis lundi… Bien sûr repoussierche et une brume qui traverse même les joints des fenêtres…

 

Nous travaillons maintenant au RDC, ouvert à tous vents. Donc toute la merde du maçon tombe de l’échafaud et rentre dans l’agence car les vitres de la façade ne sont pas posées. Tout le matos est recouvert de gravas et un coup de vent par ci, un coup de balai par là, on en prend plein la gueule. Il en faut plus pour que Rodger dépose les armes. Quant à moi, aux manettes, j’aurai plié bagage et été me promener. Faut pas déconner.

Le clou, hier le mobilier de l’agence est arrivé, le comptoir en plein milieu du passage…

Pas de panique, c'est Maurice qui l'a appris à Numérobis: "Arrange toi toujours pour leur foutre du mobilier dans les pattes à tous ces cons d'ouvriers, ça leur fera passer le goût du pain".
Nous devons virer la table de chantier de 4 mètres qu’on fout dans l’entrée, tout le monde passe par la fenêtre depuis le début car c’est plus court et beaucoup plus logique. Le maçon remplace quelques carrelages, je marche dessus. Y est pas content ! Mais il va retourner dans ses foyers vite fait ! Dehors les romanos !

 

Encore mieux. Le plombier est juste en train d’alimenter les chiottes, et on a l’eau courante, faut pas se plaindre ! Un tuyau d’arrosage traîne à terre. Il suffit de remplir un seau, mais yen a pas icite, pour tirer la chasse. On remplit donc des bouteilles plastiques depuis le début du chantier. Pathétique.

 

Vivement qu’on se barre de là. Notre archi à convenu d’ailleurs que c’était pas ginial comme système… Tout comme l’escalier qu’il veut terminer à la fin du chantier. Nous monterons les vitrages et les portes grâce à mon copain Dalaï. Il m’a appris la méditation transcendantale, je les ferai léviter. On peut aussi voir avec Mr Spok pour les téléransporter de chez le fournisseur directement à l’étage, mais c’est plus cher.

 

On s’est déjà tapé un chantier avec ce type d’escalier métallique: les marches constituent des bacs évidés sur le dessus dans lesquels on coule du béton et on carle; ou en l’occurrence ici on met des marches en boa. Ici les bacs sont même en V, pas pratique pour marcher Patrick !

Et idéal pour se tordre les chevilles.

 

Fin de journée après avoir plié bagage, nettoyé et vérifié les cotes des vitrages, je fille à la gare choper le train.

Arrivée vers 21 h chez Simon, chtit resto bin sympa où nous rejoint Met Carrez en goguette au tribunal de Nanterre (pour des prunes en plus…il se saura le lendemain).

 

Le lendemain justement, pendant que mes collègues reviennent de Chaint Malo, je me retrouve sur un nouveau chantier au premier étage. C’est un chantier de not’ directeur commercial. Monsieur Lapince. En effet le 1er c’est l’équivalent du troisième. Je noie mon maillot en manutentionnant le matos pendant deux heures. Il y a 52 marches sur l’escalier raide comme un piquet. Il faut qu’il leur vende un escalier Micheline Dax, vous savez, les escaliers automatiques pour personnes âgées.

 

Bientôt la quille !

 

@ binto pour la suite de nos zaventures trépidantes.

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